Свято-Елисаветинский монастырь
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Qui a plus besoin de qui?

Texte par Hélène Natykina

...Les adultes actifs avec leur monde ont-ils plus besoin des enfants malades qui se trouvent dans un orphelinat et qui se réjouissent sincèrement à la venue de toute nouvelle personne? Ou bien, ce sont ces enfants malheureux qui sont privés d’amour et de caresses paternels qui ont plus besoin des adultes? «Nous avons plus besoin d’eux» est convaincu l’un des principaux acteurs du Théâtre académique dramatique national Maxime Gorki à Minsk, Alexandre Zhdanovitch. Le père spirituel du Monastère et de la Communauté des soeurs de la Charité, archiprêtre André Léméchonok, aime répéter que ce n’est pas autant eux qui ont besoin de nous, mais c’est nous qui avons besoin d’eux pour pouvoir ouvrir en nous la beauté et la bonté de l’âme et laisser après nous les fruits de nos bonnes actions.

Dans ce pavillon neuropsychiatrique pour enfants atteints de maladies graves, dont certains ne peuvent pas se passer du tout de l’aide des autres, près de 200 enfants sont soignés. Le clergé et la Communauté des soeurs du monastère que l’on appelle à Minsk et en dehors de la capitale biélorusse «demeure de bonnes actions», aident les enfants en leur offrant de l’amour et des soins.

Pendant les fêtes, des molebènes y sont célébrés. Les enfants les attendent beaucoup. Ils communient régulièrement. En regardant ces enfants, nombeux sont ceux qui disent que ce n’est pas pour rien que, depuis longtemps, on les appelle les enfants de Dieu. Leurs querelles ne durent jamais longtemps, ils pardonnent aussitôt et ne veulent du mal à personne. Ils aiment leurs proches et prient pour eux. On dit au monastère: «ces enfants sont notre tristesse et inquiétude, notre joie et consolation. Nous leur racontons qu’ils ont leur Père Céleste Qui les voit, aime et pardonne toujours et qu’ils ont leur Protectrice Céleste, la Très Sainte Mère de Dieu. Les coeurs des enfants répondent à nos paroles».

Une page à part dans la vie de ce pavillon, c’est bien le développement créatif de ses orphelins. Les frères et les soeurs du monastère dessinent avec les enfants, mettent en scène des spectacles d’après des contes. Depuis quelques années déjà un théâtre existe dans le pavillon.

Nous avons parlé au dirigeant de ce théâtre original, lauréat de festivals de théâtres et de cinéma, l’animateur de l’émission télévisée du soir pour enfants «Kalykhanka», Alexandre Zhdanovitch. La conversation a eu lieu à Moscou, dans la Maison de bébé à Léfortovo, où Alexandre présentait le spectacle «Docteur Aïbolite».

Alexandre, grâce à l’émission «Kalykhanka», on peut dire que tous les enfants biélorusses vous connaissent. Quelques générations de téléspectateurs ont déjà grandi sur vos récits du soir.

Oui, il arrive que des jeunes gens que je ne connais pas s’approchent de moi pour me saluer joyeusement et me serrer la main. L’émission pour enfants «Kalykhanka» est transmise depuis trente ans sur la télévision biélorusse. Une moitié de ce chemin, c’est-à-dire quinze ans déjà, je suis son animateur permanent. «Kalykhanka», comme vous le devinez sûrement, se traduit du biélorusse comme «chanson de berceau, berceuse». C’est un équivalent de l’émission russe «Bonne nuit, les bébés!». Mon héros s’appelle Maliavanytch, c’est un peintre à l’humeur poétique. Le nom du personnage vient du mot biélorusse «maliavat», c’est-à-dire «dessiner». Maliavanytch raconte de différentes histoires instructives et les enfants l’écoutent et, comme je le sais, dessinent avec plaisir.

Ensemble avec moi une nouvelle équipe est venue à cette émission; des poupées plus modernes ont été produites car avant ce moment-là, l’accent avait été mis sur l’art populaire. J’avoue que je voulais quitter l’émission plusieurs fois. Je pensais que l’image d’un animateur d’une émission pour enfants pourrait empêcher ma promotion professionnelle dans l’art théâtral puisque, comme je l’ai déjà dit, j’ai une image à la télévision d’un peintre-poète qui porte des lunettes et qui est rêveur et peu sérieux. Mais je voulais avoir quelque chose d’autre, quelque chose de plus considérable. Je voulais me réaliser dans le cinéma, jouer un grand et «principal» rôle.

Mais le Seigneur a tout arrangé. Un de mes amis m’avait dit un jour que tout passait dans ce monde et que les rôles joués tombaient dans l’oubli. Selon ses dires, dix ans, vingt ans, cinquante ans peuvent passer et beaucoup de choses passeront, comme des eaux à travers le sable, mais il restera seulement ce qui est «sage, bien et éternel». J’ai compris alors que je devais continuer de mener cette émission pour enfants. Je suis tout à fait d’accord avec le proverbe russe «On récolte ce qu’on a semé». J’ai beaucoup semé pendant ma vie ce qui n’est pas très bien, mais, Dieu merci, que pendant toutes ces années j’ai eu la bonne possibilité d’aider à élever une grande armée de petites gens sur des idéaux de bonté. Quelques générations ont la bonne mémoire de Maliavanytch. Je pense que cela a plus de valeur que des prix, des décorations ou des diplômes.

Depuis presque huit ans déjà, je suis paroissien du monastère Sainte Elisabeth à Minsk. Je suis venu à l’Eglise grâce à ma femme Ludmila. Nous avons fait notre connaissance quand nous étions étudiants à l’institut d’art et de théâtre biélorusse d’Etat: Ludmila à la division de poupées, moi – de drame. On s’est aimé, on s’est marié et on élève deux fils maintenant. Cette année, nous célébrons la date de vingt-cinq ans de notre mariage. Nos sentiments ont donc bien subi l’épreuve du temps.

Comment est-il arrivé que vous êtes devenu un metteur en scène d’un tel théâtre inhabituel dans ce service à l’hôpital?

Encore une fois, grâce à ma femme. Je vais me répéter que Ludmila est une actrice de théâtre de poupées. Depuis huit ans déjà elle est dans la Communauté des sœurs de la Charité du monastère Sainte Elisabeth. Les sœurs de la Charité qui ont leur obédience dans ce service où se trouvent des enfants souffrant d’handicaps psychomoteurs, abandonnés par leurs parents, ont proposé à ma femme de venir dans ce service et de divertir les enfants en leur montrant des spectacles de poupées. Ludmila s’est beaucoup imprégnée de contacts avec les enfants, et quelque temps après, elle m’a amené chez eux.

Ensemble avec elle, on a organisé notre petit projet familial, le théâtre «Petite abeille». Au début, la réaction des enfants n’était pas toujours adéquate. Je me rappelle, la première fois, j’ai eu un sentiment assez pénible. Les enfants faisaient du bruit et ne pouvaient pas se concentrer. J’ai pensé alors qu’il y avait entre nous, les acteurs et ces spectateurs pas faciles, un mur qu’il serait peu probable de détruire. Au bout d’un certain temps, plusieurs orphelins du service se sont habitués à moi et ont commencé à regarder les spectacles avec intérêt. J’ai vu comment vite ils changent en mieux.

Des années sont passées; nous avons commencé non seulement à montrer des spectacles, mais aussi à proposer aux enfants d’y prendre part. Tout se faisait petit à petit: on a d’abord invité quelques personnes qui se sont intéressées surtout. Peu après, presque tous les enfants ont demandé de jouer quelque chose. Si on comparait nos premières venues dans ce service à celles d’aujourd’hui, on dirait alors que c’est le ciel et la terre – tellement tout a changé! Les enfants sont devenus plus développés. Le fait de participer à des spectacles ou tout simplement à les regarder, rend leur vie plus variée et, comme j’y crois, un peu plus heureuse. La nôtre aussi!

Quels spectacles mettez-vous en scène avec vos enfants?

Les mises en scène les plus populaires parmi les spectacles mondains, ce sont les contes aimés par beaucoup de petits spectateurs – «Bouratino» (Pinocchio) et «Docteur Aïbolite». Mais les spectacles principaux sont dédiés aux grandes fêtes orthodoxes – la Nativité du Christ et la Pâques. A part nous, ma femme et moi, des frères et des soeurs du monastère participent à ces spectacles. Une influence bienfaisante du théâtre est tout à fait incontestable puisqu’il est clair que l’enfant se développe quand il joue.

A la fin de la mise en scène, les enfants-acteurs sortent sur la scène et chantent: «Nous vous souhaitons du bonheur...» Assis je réfléchis: «Ces enfants souhaitent du bonheur, cela veut dire qu’ils savent ce que c’est. Donc, nous qui nous plongeons si souvent dans la vanité et des soucis insignifiants, avons une autre notion du bonheur». Ainsi, tous ceux qui travaillent avec les enfants malheureux – le personnel de ce service de l’hôpital travaillant avec abnégation et les membres de la Communauté de la Charité qui porte le nom de la Sainte et vénérable martyre, la Grande Duchesse Elisabeth – tous ces gens aident à regarder autrement la vie et à comprendre ce qu’est le bonheur.

Alexandre, qu’en pensez-vous, qu’est-ce qui est important quand on travaille avec les enfants «particuliers»?

C’est, bien entendu, la prière que l’on entend à ce service. Les prêtres du monastère Sainte Elisabeth viennent souvent dans cet endroit. C’est très bien qu’une église, portant le nom de Saint Nectaire d'Egine, est construite dans la proximité directe du pavillon.

En général, je l’ai compris au travers mon propre exemple ainsi qu’au travers de l’exemple des autres, que le travail avec les enfants «particuliers» c’est une formation en soi de l’amour et de sacrifice de soi-même. Quel sentiment de bonheur on éprouve quand on vient chez eux, et eux, ils vous rencontrent en foule, ils commencent à vous embrasser avec un amour vrai et sincère!

Photos par soeur Hélène (Strachnova)
D’après le journal «Moscou Orthodoxe»
№ 1, 2012


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